Le marché de l’électricité en France s’est longtemps appuyé sur des tarifs réglementés adaptés à différents profils de consommateurs. Parmi eux, le Tarif Bleu et le Tarif Jaune d’EDF ont accompagné des générations d’usagers, particuliers comme professionnels. Aujourd’hui, avec l’ouverture à la concurrence et l’évolution rapide du paysage énergétique, saisir ce qui distingue ces deux tarifications est indispensable. Pour ce faire, de nombreuses PME réalisent désormais un examen détaillé de leur consommation ou sollicitent l’appui de courtiers spécialisés, comme opera-energie.com, afin d’y voir plus clair dans leurs choix.
Le Tarif Bleu EDF : les caractéristiques et la segmentation de la clientèle
La simplicité est l’un des atouts du Tarif Bleu. Les abonnés bénéficient d’une grille tarifaire fixée par les pouvoirs publics sur recommandation de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). Cette stabilité contraste fortement avec la volatilité parfois observée sur les marchés de gros de l’électricité.
Les plages horaires et les options tarifaires du Tarif Bleu réglementé
Le fournisseur, dans le cadre du Tarif Bleu, propose aux clients plusieurs modalités de paiement, afin de s’adapter aux habitudes et aux besoins de chaque foyer. Avec l’option Base, le prix du kilowattheure est le même toute la journée, ce qui convient bien aux petits consommateurs ou à ceux qui utilisent l’électricité de manière régulière. L’option Heures Pleines / Heures Creuses applique un tarif moins cher pendant huit heures, souvent la nuit, ce qui permet de réduire la facture si l’on peut faire fonctionner certains appareils à ces moments‑là, comme le chauffe‑eau ou le chauffage à accumulation.
Le prix de l’électricité en 2026 est un sujet important pour de nombreux ménages, l’option Tempo fonctionne différemment : l’année est divisée en jours bleus, blancs et rouges, chacun avec ses propres tarifs en heures pleines et en heures creuses. Les jours bleus sont les moins chers, et les jours rouges, limités à 22 par an, ont des prix élevés en heures pleines pour encourager à réduire la consommation. Cette formule est surtout intéressante pour les foyers capables de décaler une partie importante de leurs usages en fonction des prix annoncés chaque jour.
Les puissances souscrites de 3 à 36 kVA pour le secteur résidentiel
Sur le Tarif Bleu, la puissance souscrite varie de 3 à 36 kVA. Les puissances de 3 ou 6 kVA conviennent aux petits logements ou aux foyers peu équipés. Les puissances de 9 à 12 kVA correspondent plutôt aux maisons chauffées à l’électricité ou dotées d’appareils très consommateurs. Au‑delà, entre 15 et 36 kVA, ces niveaux s’adressent surtout aux grandes habitations, aux foyers cumulant de nombreux équipements (chauffage, climatisation, cuisson, recharge de véhicule électrique) ainsi qu’aux petits commerces.
Une puissance trop faible provoque des disjonctions dès que plusieurs appareils fonctionnent simultanément, alors qu’une puissance trop élevée augmente le coût de l’abonnement sans justification. Pour déterminer la puissance adaptée, l’observation des usages simultanés et les données issues des compteurs communicants donnent une vision claire des besoins réels. Les gestionnaires de réseau proposent un accompagnement qui permet d’ajuster ce réglage au plus juste.
La structure tarifaire TURPE et les composantes d’acheminement BTinf
Pour les clients résidentiels et assimilés, raccordés en basse tension et puissance inférieure ou égale à 36 kVA (BTinf, ou Basse Tension inférieure), le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité) est inclus dans le prix final payé au distributeur. Concrètement, cette composante couvre les coûts d’acheminement de l’électricité, depuis le transport sur le réseau haute tension jusqu’à la distribution basse tension à votre compteur.
Le TURPE se décompose en plusieurs postes : une part fixe relative à la gestion du point de livraison (comparable à un forfait de mise à disposition du réseau) et une part variable indexée sur l’énergie effectivement soutirée (les kWh consommés). Cette structuration incite à la sobriété énergétique sans pour autant pénaliser les petits consommateurs, car la partie fixe est modérée sur les profils BTinf. Pour comprendre les tarifs réglementés de vente d’électricité (TRVE), il est indispensable d’inclure cette dimension d’acheminement, souvent méconnue du grand public.
Le tarif réglementé de vente et les offres de marché en base et heures pleines/creuses
Depuis l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence, de nombreuses alternatives au Tarif Bleu réglementé sont apparues. Elles peuvent proposer un prix du kWh plus bas que le TRV, un tarif fixe sur plusieurs années ou un prix en lien avec les marchés de gros. Pour un particulier, la vraie question devient donc soit de garder le Tarif Bleu, soit de s’orienter vers la concurrence.
Les offres de marché reprennent en général les mêmes options que le Tarif Bleu, ce qui facilite la comparaison. Certaines ajoutent toutefois des services supplémentaires, comme de l’électricité verte ou des dispositifs de suivi de la consommation ou encore des conditions particulières comme des remises temporaires ou une indexation partielle. En période de forte instabilité des prix, le tarif réglementé peut servir de protection, alors que les offres de marché peuvent permettre de profiter de baisses ponctuelles.
Le Tarif Jaune EDF : les particularités techniques pour les professionnels et les PME
Le Tarif Jaune d’EDF est le tarif réglementé d’EDF pour les PME et PMI. Ce dernier avait disparu en 2016 mais la CRE (Commission de régulation de l’énergie) l’a réintroduit depuis le 1er février 2025. Il concerne les compteurs d’une puissance comprise entre 37 kVA et 250 kVA. Il s’adresse à des types d’entreprises variées en terme de tailles et de secteurs, de la boulangerie à la petite industrie.
La tension d’alimentation HTA et les puissances souscrites de 36 à 250 kVA
Alors que le Tarif Bleu concerne des sites raccordés en basse tension (BT) jusqu’à 36 kVA, le Tarif Jaune cible des puissances entre 37 et 250 kVA, généralement toujours en basse tension mais avec des dispositifs de comptage plus complexes. Dans certains cas, ces puissances peuvent être associées à un raccordement en HTA (haute tension A, environ 20 kV), notamment pour des sites industriels ou logistiques.
Choisir une offre pour un profil Tarif Jaune
Avec le retour des tarifs réglementés, les entreprises disposant d’une puissance comprise entre 37 et 250 kVA peuvent à nouveau opter pour ce cadre tarifaire ou se tourner vers les offres de marché. Ces dernières sont souvent plus avantageuses, même si le tarif réglementé redevient accessible. La sélection dépend de nombreux paramètres, comme le prix du kWh, le coût de l’abonnement ou encore la version tarifaire retenue.
Les offres indexées suivent l’évolution des prix de marché alors que les offres à prix fixes garantissent une stabilité du tarif sur plusieurs années, ce qui permet de se protéger des fluctuations. Pour de nombreuses entreprises, les offres de marché, qu’elles proviennent d’EDF ou de distributeurs alternatifs sont plus compétitive et mieux adaptée à leurs besoins.
La comparaison des tarifs et les modalités de facturation
Les principales divergences entre le Tarif Bleu et le Tarif Jaune se situent autour du comptage, du poids relatif de l’abonnement par rapport à la part variable et de la gestion des dépassements de puissance.
Le fonctionnement du Tarif Jaune
Le Tarif Jaune s’adresse en 2026 aux petites entreprises de moins de dix salariés et réalisant moins de deux millions d’euros de chiffre d’affaires, à condition qu’elles soient équipées d’un compteur C4 en basse tension et disposent d’une puissance souscrite suffisante. Ce tarif réglementé est basé sur un abonnement annuel en fonction de la puissance choisie et sur un prix du kilowattheure qui varie selon les périodes horosaisonnières, distinguant les heures pleines et les heures creuses ainsi que les saisons d’été et d’hiver. La facturation suit les tarifs réglementés définis par la décision du 28 janvier 2026, qui a entièrement revu la structure tarifaire. Cette nouvelle organisation crée des écarts de prix marqués entre les périodes et permet aux entreprises, capables d’adapter leur consommation, de réaliser des économies importantes.
Les taxes du Tarif Jaune
Une facture au Tarif Jaune a les mêmes taxes que toutes les offres professionnelles d’électricité. La CTA, destinée à financer les retraites des personnels des réseaux, s’applique sur la partie acheminement et est identique pour toutes les formules. Les taxes locales sur la consommation finale d’électricité, fixées par les communes et les départements, sont calculées sur chaque kilowattheure consommé et varient selon la collectivité. Enfin, la TVA est appliquée au taux de 20 % aussi bien sur l’abonnement et la CTA que sur la consommation et les taxes locales, contrairement aux particuliers qui bénéficient d’un taux réduit sur l’abonnement. Le Tarif Jaune ne comporte donc aucune taxe spéciale, sa structure propre (abonnement et prix du kWh modulé) fonctionne indépendamment de ces prélèvements.
Les offres du marché en 2026
Les entreprises disposent d’un éventail de formules proposées par l’ensemble des fournisseurs, adaptées aussi bien aux petites structures qu’aux grands consommateurs. Elles peuvent opter pour des contrats à prix fixe garantissant une stabilité sur plusieurs années, des offres indexées suivant les marchés de gros, des formules vertes reposant sur une électricité renouvelable, des contrats sur mesure pour les sites importants ou encore des offres dynamiques dont le prix varie chaque heure selon le marché spot.
Les contrats à prix fixe, les tarifs Verts, les formules indexées
EDF propose également ses propres offres professionnelles hors tarifs réglementés, comme les contrats à prix fixe, les Tarifs Verts ou les formules indexées, qui sont des alternatives directes au Tarif Bleu ou au Tarif Jaune. Pour les entreprises nécessitant une puissance supérieure à 250 kVA, il n’existe plus de tarifs réglementés, elles doivent se tourner vers des contrats entièrement personnalisés, qu’ils soient fixes, indexés, multi‑sites ou comprenant des méthodes d’effacement rémunéré.
Les tarifs modulés et les formules hybrides
Certaines entreprises recherchent des offres fortement modulées, proches de l’esprit des anciennes formules EJP ou Tempo. Elles peuvent alors choisir des contrats dynamiques basés sur les prix horaires du marché, surtout avantageux pour les entreprises capables de déplacer leur consommation.
Enfin, de plus en plus de professionnels réduisent leur dépendance au réseau grâce à l’autoconsommation photovoltaïque, éventuellement associée à du stockage, ou par l’intermédiaire des contrats d’achat direct auprès de producteurs (PPA). Ces formules hybrides permettent de diminuer durablement la facture énergétique.
